Maquette plastique bateau AOBA Croiseur lourd Japonais.
L’Aoba fut mis sur cale en février 1924 (Taishō 13) au chantier naval Mitsubishi de Nagasaki en tant que premier navire de la classe améliorée dérivée de la classe Furutaka. Il fut achevé en septembre 1927 (Shōwa 2).
Conçue par le capitaine de vaisseau Hiraga, la classe Furutaka possédait une puissance de feu exceptionnelle pour un croiseur léger de 7 100 tonnes. Cependant, la disposition de six canons de 200 mm en affûts simples n’était pas appréciée par l’état-major de la Marine. C’est pourquoi l’Aoba et le Kinugasa furent conçus dès l’origine avec trois tourelles doubles de 200 mm.
Dans le contexte de ce projet, l’état-major naval, qui n’appréciait guère le caractère inflexible du capitaine Hiraga, le relégua à un poste secondaire et confia une refonte du projet au capitaine Fujimoto. Cette mesure exceptionnelle fut prise afin de permettre la construction de la classe Aoba.
Bien que les tourelles doubles aient représenté une charge importante pour un croiseur de 7 100 tonnes, le résultat fut sans conteste un navire plus moderne.
Après son entrée en service, l’Aoba rejoignit la 5e Division de croiseurs de la 2e Flotte aux côtés des Furutaka, Kako et Kinugasa. Il passa principalement son temps à l’entraînement dans les eaux chinoises et dans la mer Intérieure.
Bien que révolutionnaire, la classe Aoba donnait l’impression d’être excessivement armée pour sa taille. De plus, l’évolution rapide de la technologie navale la rendit progressivement inférieure aux nouveaux croiseurs de 10 000 tonnes construits selon les limitations des traités navals.
À la suite de la modernisation de la classe Furutaka, l’Aoba fut à son tour modernisé. Les modifications étaient globalement similaires à celles appliquées à la classe Furutaka. Toutefois, étant déjà équipé de tourelles doubles, il ne fut nécessaire que d’agrandir l’alésage des canons principaux de 200 mm à 203 mm.
Les travaux commencèrent en octobre 1937 (Shōwa 12) et durèrent trois ans, jusqu’en octobre 1940 (Shōwa 15).
Après sa modernisation, l’Aoba servit comme navire amiral de la 6e Division de croiseurs de la 1re Flotte. En mai 1941, il reçut un câblage électrique extérieur et entra ainsi dans la Seconde Guerre mondiale du Pacifique.
La 6e Division de croiseurs, composée de l’Aoba, du Kinugasa, du Furutaka et du Kako, fut déployée principalement dans le Pacifique Sud dès le début de la guerre. Elle participa aux opérations contre Rabaul, Lae, Salamaua et Bougainville, sans toutefois connaître de combat majeur à cette période.
En mai 1942, l’Aoba participa à la bataille de la mer de Corail au sein de la force d’invasion MO. Après la perte du porte-avions Shōhō, la force se replia vers le nord.
Revenu à Kure, l’Aoba repartit ensuite pour Rabaul et prit part à la campagne de Guadalcanal.
Lors de la première bataille de l’île de Savo en août 1942, il combattit aux côtés du Chōkai et des autres navires de la 6e Division, contribuant à la destruction de quatre croiseurs lourds américains et australiens ainsi qu’à l’endommagement grave d’un cinquième.
En octobre 1942, alors qu’il participait à une opération de bombardement de l’aérodrome Henderson sur Guadalcanal sous le commandement du contre-amiral Gotō, l’Aoba fut surpris par des croiseurs américains embusqués qui l’avaient pris pour une force amie. Le navire subit de lourds dégâts. Un obus frappa directement la passerelle, blessant grièvement le contre-amiral Gotō, qui succomba par la suite.
Au cours de cette bataille au large de l’île de Savo, le Furutaka fut coulé en tentant de protéger l’Aoba. Grâce à la résistance du Kinugasa, l’Aoba parvint néanmoins à regagner sa base.
Après environ quatre mois de réparations entre octobre 1942 et février 1943, il retourna à Rabaul. En avril 1943, il fut attaqué par l’aviation américaine dans le détroit de Mewe. Touché par une bombe et plusieurs explosions proches, il s’échoua. Après des réparations d’urgence à Kavieng, il fut envoyé à Truk puis à Kure où il subit de nouveaux travaux de juillet à novembre 1943.
À cette occasion, il reçut un radar Type 21 et un important renforcement de son armement antiaérien.
Sa troisième tourelle, retirée après les dommages subis à la bataille de l’île de Savo, fut réinstallée lors de ces réparations. À la fin de 1943, tous les autres navires de sa classe avaient été perdus et l’Aoba restait le seul survivant.
Affecté à la 16e Division de croiseurs de la 1re Flotte expéditionnaire du Sud, il fut envoyé à Singapour.
Par la suite, il effectua plusieurs missions de transport entre Singapour et le mouillage de Lingga, ainsi qu’entre Bornéo, les Philippines et diverses bases telles que Balikpapan, Penang, Tarakan, Davao et Sorong.
Alors que la situation militaire du Japon se détériorait continuellement, la Marine impériale, après sa défaite dans la bataille de la mer des Philippines, lança l’opération Shō-Gō 1.
L’Aoba appareilla alors depuis Lingga au sein de la Première Force d’attaque pour escorter des convois. Cependant, le 23 octobre 1944, à environ 70 milles nautiques au sud-ouest de l’entrée de la baie de Manille, il fut torpillé par un sous-marin américain et immobilisé. Le croiseur léger Kinu dut le remorquer jusqu’à Manille.
Le lendemain, il fut à nouveau endommagé lors d’un raid aérien américain sur Manille. Une autre attaque aérienne le toucha le 29 octobre. Après un passage par Takao, il rejoignit Kure en décembre 1944.
À ce stade de la guerre, aucune réparation importante ne fut entreprise et le navire demeura amarré à l’extérieur du port de Kure.
Les forces américaines ne l’oublièrent pas. Lors de deux raids aériens à la fin juillet 1945, sa poupe fut arrachée et le navire gravement endommagé. Il coula par faible profondeur et resta posé sur le fond jusqu’à la capitulation du Japon le 15 août 1945.
L’Aoba fut ainsi le seul navire de sa classe à survivre à la guerre du Pacifique. Il fut cependant démoli en décembre 1946, mettant fin à sa carrière.
Avec le recul, l’Aoba apparaît comme un navire peu favorisé par la chance. Peut-être avait-il épuisé toute sa fortune lors de sa brillante victoire à la première bataille de l’île de Savo.
Caractéristiques (configuration finale)
- Déplacement standard : 9 000 tonnes
- Longueur à la ligne de flottaison : 183,53 m
- Largeur maximale : 17,56 m
- Chaudières : 10 chaudières Kampon au fioul de type Ro
- Vitesse maximale : 33,43 nœuds
- Autonomie : 8 223 milles nautiques à 14 nœuds
Armement :
- 3 tourelles doubles de canons de 203 mm
- 4 canons antiaériens simples de 127 mm
- 9 affûts triples de canons de 25 mm
- 6 affûts doubles de canons de 25 mm
- 2 lance-torpilles quadruples de 610 mm