Le Cromwell Mk IV arriva en Normandie comme l'un des chars les plus rapides et les plus maniables de l'arsenal des forces britanniques et du Commonwealth. Pour le débarquement du Jour J et les déploiements ultérieurs, de nombreux Cromwell furent équipés de kits de gué : de hautes cheminées montées sur les entrées d'air et le système d'échappement. Ces kits permettaient aux chars de quitter les péniches de débarquement et de s'avancer dans une eau de plusieurs mètres de profondeur, leur permettant ainsi d'atteindre le rivage même dans des conditions difficiles. Bien que les Cromwell n'aient pas participé à la première vague du débarquement le 6 juin, leurs capacités de gué profond furent cruciales pour les débarquements suivants et pour maintenir un flux constant de forces blindées vers les têtes de pont qui se développaient.
Après le débarquement, les équipages s'efforçaient de retirer les imposantes cheminées le plus rapidement possible, car elles augmentaient la silhouette du char et gênaient ses manœuvres. Dans le bocage dense de Normandie, la vitesse du Cromwell ne constituait pas un avantage décisif, mais son moteur fiable et sa silhouette basse étaient appréciés pour les opérations de reconnaissance et de contournement. Les chars ayant subi des passages à gué profonds nécessitaient souvent un entretien supplémentaire en raison du contact avec l'eau de mer, mais ils demeuraient un élément essentiel des brigades blindées britanniques. Leur image – fraîchement débarqués dans l'eau, leurs cheminées encore en place – devint emblématique du renforcement, après la guerre, de la tête de pont dans le nord de la France.